Suivre Jésus sans compromis – Victor J. Affonso

Pourquoi j’ai rejoint la Compagnie de Jésus

A vingt-trois ans, j’avais déjà réussi dans les arts graphiques, et j’étais sur le point de partir à l’étranger où un travail m’attendait. J’étais content de quitter l’Inde, échappant ainsi à l’angoisse profonde que suscitait en moi le spectacle de la misère dans les rues de Bombay.

Les “sauveurs” politiques comme Gandhi et Nehru n’avaient pas su apporter la vraie liberté ni la vraie justice à la majorité des Indiens pauvres. Le meurtre et la division sévissaient dans cette Inde indépendante, et rien n’a changé à l’heure où j’écris. Tous les efforts pour aider cette société étaient comme quelques gouttes d’eau dans un désert. Il restait cependant une solution : une parole s’imposait constamment à moi quand je priais :“Tout est possible à Dieu.” (Marc 10:27). J’ai aussi entendu : “Ne t’enfuis pas !” puis un autre jour : “Suis Mon Fils, Jésus !” Cette parole-là a fini par me faire quitter le monde pour rejoindre la “Compagnie de Jésus”, un ordre catholique dont l’appellation même, ainsi que les “Exercices spirituels” et les “Constitutions” nous engageaient à suivre Jésus quel que soit le prix à payer. Le but était de conduire tous les hommes à Le connaître, Lui, Sa paix et Sa justice.

Apporter l’Evangile en Inde

Quand je suis devenu Jésuite, mon but était de connaître Jésus intimement, d’étudier Sa Parole et de Lui obéir en rejetant tout autre fardeau, renonçant même à mon amour pour une jeune fille afin de Le suivre sans compromis. Comme Paul, je voulais prêcher l’Evangile et conduire l’Inde à Christ. La misère de ce pays était comme une blessure en moi ; j’espérais qu’avec d’autres chrétiens pleinement engagés, je pourrais contribuer à amener le peuple de l’Inde à Christ, afin de le sauver spirituellement et socialement, pour qu’il connaisse la condition des enfants de Dieu. Alors seulement l’Inde saurait pleinement ce qu’est la providence du Père, et la justice que Dieu désire pour les siens.

C’est dans l’espoir de pouvoir apporter l’Evangile en Inde que je me suis mis à étudier la communication médiatique tout en enseignant au Collège St. Xavier. Aujourd’hui, je me réjouis de ce que cette vision pour l’Inde demeure en moi, plus que jamais vivante et près de porter du fruit. Par la foi, je vois Jésus manifester la victoire qui est déjà sienne, en agissant au travers d’un “petit troupeau” de gens ordinaires, nés de nouveau et remplis de la puissance du Saint-Esprit. Voilà l’église chrétienne, Son Corps visible sur la terre. La Parole de Dieu dit que c’est le Seigneur lui-même, qui par Sa puissance souveraine en Jésus-Christ “annoncera la justice aux nations… il annoncera la justice selon la vérité. Il ne se découragera point et ne se relâchera point, jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, et que les îles espèrent en sa loi.” (Esaïe 42:1-4).

“Car Dieu a voulu faire habiter toute plénitude en lui ; il a voulu par lui tout réconcilier avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.” (Colossiens 1:19-20). Donc quand ces choses se manifesteront, TOUTE la louange, TOUTE la gloire pour la délivrance de notre peuple reviendra à Dieu en Christ Jésus. Les hommes ne sont que des serviteurs indignes et inutiles. L’homme est incapable de sauver les pauvres; mais “à Dieu tout est possible” (Matthieu 19:26) si seulement nous croyons en Son envoyé, Jésus !

La Mission

Pendant tout le temps de mes études, qui ont bien duré quatorze ans, il me semblait que mes supérieurs Jésuites et mes compagnons partageaient cette même vision, et qu’ils avaient consacré leur vie au même but : connaître Jésus, Le servir, Le proclamer au monde entier pour que d’autres deviennent Ses disciples. J’ai eu le privilège d’être du petit nombre des Jésuites qui sont autorisés à voyager, à faire des études à l’étranger, et à agir librement en prenant eux-mêmes leurs responsabilités. Humainement parlant, je me sentais satisfait. Pourtant, l’essentiel me manquait ! Il y avait dans mon cœur une aspiration inassouvie à connaître Jésus, le Seigneur ressuscité, comme l’avaient connu des hommes simples et “sans instruction” dans la première église apostolique telle que les Ecritures la décrivent.

Dans les années soixante et au début des années soixante-dix, pendant mes études à l’étranger, j’ai vécu aux Philippines et dans plusieurs pays européens, puis aux USA. J’ai vu se vider les églises catholiques en Europe dans les années soixante, alors que je faisais des études en Espagne. Seulement six pour cent des catholiques allaient à la Messe dominicale ! Plus tard, à Los Angeles aux USA, j’ai vu la double vie que menaient les “catholiques du dimanche” ; et j’étais de leur nombre, avec d’autres prêtres ainsi que des religieuses. J’ai remis en question ma foi chrétienne, cette foi venue de l’occident, me demandant si Jésus-Christ et la Bible n’étaient pas de simples fables auxquelles je consacrais ma vie en pure perte.

L’Eglise s’ouvre aux Hindous

La seule église que je connaissais était l’Eglise catholique romaine. J’avais subi un lavage de cerveau qui m’avait fait croire que c’était la seule et unique église véritable, et qu’en-dehors d’elle il n’y avait pas de salut. Le Concile de Vatican II avait bien apporté quelques nuances, mais aucun vrai changement. On disait bien, à présent, que les Protestants étaient des “frères”, et on accordait à leurs églises l’appellation de “communautés ecclésiales”, mais on les tenait encore pour “hérétiques”, et leurs églises pour imparfaites et “tronquées”. Je restais fidèle à mon anti-protestantisme, évitant tout contact avec leurs enseignements hérétiques et avec leurs programmes télévisés. Par ailleurs pourtant, en Inde, les Jésuites m’encourageaient à m’ouvrir aux non-chrétiens, aux Hindous, aux Musulmans, et même à les appeler “enfants de Dieu”, à étudier leur religion pour engager avec eux “un dialogue”. “Dialoguer” voulait dire “montrer de l’estime pour nos religions réciproques”, mais en abandonnant toute intention d’amener les autres à Christ.

Spécialiste des médias, mais perdu

Alors qu’en 1971 je faisais des études en Californie, je ne voyais autour de moi que hippies, gurus, drogues, divorces, hédonisme sexuel, et perversions de toutes sortes. Tous mes efforts en tant que conseiller et psychologue, toutes mes prières restaient sans effet sur les “pécheurs”. Je me sentais impuissant à les aider. A ce moment-là, des milliers de prêtres et de religieuses quittaient l’Eglise dans les pays occidentaux. D’autres, comme moi, devenaient professionnels des médias, conseillers en psychologie, ou s’engageaient dans les œuvres sociales, pour justifier notre vocation sacerdotale et pour sauver le monde par toutes les méthodes possibles et imaginables, sauf “l’Evangile… puissance de Dieu pour le salut.” (Romains 1:16).

J’avais déjà passé dix-sept ans dans la Compagnie de Jésus, j’approchais de la quarantaine, et j’étais nanti de plusieurs titres universitaires et de la “carte verte” m’accordant le statut de résident permanent aux USA. Je me suis demandé si je n’allais pas, à l’instar des autres, quitter cette prêtrise impuissante et inintéressante. Mais pour le cas où il y aurait quand même un ciel et un jugement, je resterais un “catholique du dimanche”, en continuant de verser les primes de mon assurance céleste. Vu de l’extérieur, je donnais aux catholiques l’impression d’être un prêtre qui avait réussi : actif, heureux, étudiant le cinéma et la télévision à l’Université de Californie à Los Angeles, et menant la vie d’un jeune cadre dynamique à l’église St. Martin de Tours à Brentwood, près de Beverley Hills et de Hollywood. Dans les cocktails, je rencontrais mes vedettes préférées, et jamais je n’ai eu l’impression d’être objet de discrimination raciale dans cette paroisse “blanche”. Bien au contraire, je me sentais aimé, et sur le plan matériel, j’étais comblé. En toute bonne conscience, car tel est l’effet de la séduction, je croyais aussi aux horoscopes et donnais des cours de yoga à de jeunes Américains sur le campus, ignorant que la Bible interdit strictement les activités occultes auxquelles je me livrais. J’avais grand besoin d’être secouru !

A mon insu, quelques chrétiens que j’avais accusés et traité de “fondamentalistes protestants” dans mes sermons priaient pour que je sois délivré de la séduction. Ce sont eux qui ont prié, et c’est la grâce de Dieu qui a produit en moi la confusion et le désespoir quant à ma foi et à ma vocation. Alors j’ai crié au Seigneur : “O Dieu, montre-moi si Tu es le Dieu de vérité, si Jésus est ton Fils, et si la Bible est vraiment Ta Parole.”

Le tournant

En 1972, le dimanche de Pentecôte, le Seigneur est intervenu de façon spectaculaire pour me sauver. J’avais préparé un sermon sur le Saint-Esprit, que je devais prêcher au cours de cinq Messes consécutives à Brentwood. Or je ne croyais pas à ce que je prêchais.

A une heure encore matinale, mon dos s’est complètement bloqué, et pour la première fois de ma vie je n’ai pas pu prêcher. Une ambulance m’a emmené à l’Hôpital St. John. Un chirurgien orthopédiste bien connu a diagnostiqué une scoliose congénitale qui demandait une intervention lourde. Il me fallait rester allongé sur le dos, en extension. Je souffrais physiquement, et j’étais en plein désarroi. Le Seigneur a poussé des chrétiens à venir prier pour moi dans ma chambre. Contre mon gré, ils m’ont imposé les mains ; et moi, je supportais patiemment leur “folie”. Je m’efforçais de pardonner à ces “hérétiques” qui se sont mis à prier. J’ai soupiré : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”. Pourtant, à Sa manière, le Seigneur avait entendu mon cri, et Il répondait par Ses serviteurs alors même que je les rejetais. A partir de ce jour-là, le Seigneur a ouvert mon cœur pour que je connaisse en Jésus le Seigneur et le Sauveur qui m’appelait par mon nom, et pour la première fois de ma vie, j’ai reçu l’assurance du salut dès ici-bas. Dès lors, j’ai compris l’immense différence entre la connaissance qu’a de Jésus celui qui est né de nouveau, et la connaissance que donne de Lui le catholicisme romain : oui, j’avais bien tout quitté afin d’œuvrer pour Jésus dans un ordre religieux, mais jamais je n’avais été assuré de mon salut et de ma destinée après la mort. Les mots sont impuissants à décrire cette expérience extraordinaire avec Jésus, mon Sauveur.

Le Seigneur m’ouvre les yeux

Au cours de ce mois d’hospitalisation, peu à peu les écailles sont tombées de mes yeux. Par Sa puissance souveraine, le Ressuscité a ôté de mon cœur tous mes doutes quant à Sa résurrection et à la vie éternelle ; Il a ôté tout mon désarroi. Jadis j’avais peiné en étudiant la Bible par nécessité professionnelle, mais maintenant elle m’apportait des révélations spirituelles vivantes et passionnantes. Je comprenais sans peine la Parole, j’y trouvais ma joie, et je la retenais. J’ai aussi reçu la grâce de croire à ma guérison, et j’ai quitté l’hôpital sans subir d’intervention chirurgicale. Au grand étonnement du chirurgien, ma scoliose a été guérie, ce qui a beaucoup contribué à fortifier ma foi et m’a encouragé à prêcher l’Evangile.

L’Eglise catholique considère que la Bible lui appartient. Elle tient le raisonnement suivant : l’Eglise (et elle pense être la seule Eglise véritable) a existé avant les écrits néo-testamentaires, et elle a contribué à définir le canon de la Bible. Donc pour évaluer la doctrine apostolique, le critère parfait et permanent ne serait pas l’Ecriture seule (“Sola Scriptura”, comme disaient les Réformateurs), mais l’Ecriture et la Tradition de l’Eglise catholique romaine. En fin de compte, les Catholiques sont obligés de tenir pour vraie toute déclaration officielle du Magistère de l’Eglise catholique. La foi chrétienne, au contraire, voit dans les Ecritures la norme définitive permettant de juger les doctrines. La Bible en témoigne : Jésus et les Apôtres qui ont rédigé le Nouveau Testament faisaient toujours référence à l’Ancien Testament pour authentifier leurs enseignements et leurs actes. Jésus a déclaré : “…C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous ; qu’il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.” (Luc 24:44).

Paul écrit : “Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu – Evangile qui avait été promis auparavant de la part de Dieu par ses prophètes dans les saintes Ecritures ; il concerne son Fils,… Jésus-Christ notre Seigneur.”(Romains 1:1-3).

Lorsque Paul prêchait, [les chrétiens de Bérée] “examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact.” (Actes 17:11).

En fait, l’Auteur et le Rédacteur suprême de la Bible est le Saint-Esprit. Sa Parole met en garde tous ceux qui enseignent : “Vous n’ajouterez rien à la parole que je vous commande, et vous n’en retrancherez rien…” (Deutéronome 4:2). Tout enseignement, tout dogme prétendument “infaillible” qui ajoute ou retranche à l’Ecriture, ou qui la contredit est à rejeter ; par exemple, le purgatoire, l’Immaculée Conception, l’adoration du pain et du vin après transsubstantiation, l’infaillibilité pontificale, etc. Jésus a vigoureusement combattu ce type de “tradition”, et ces enseignants-là : “Vous rejetez fort bien le commandement de Dieu,…annulant la parole de Dieu par votre tradition que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables.” (Marc 7:9 et 13).

La grâce, ce don gratuit de Dieu

La grâce, ce don gratuit de Dieu qui donne à l’homme la capacité de croire en Jésus et de recevoir la vie éternelle, ne s’obtient jamais par des “œuvres” humaines accomplies en faveur de nous-mêmes ou d’autrui. Cependant, pour qui recherche la grâce du salut, l’Eglise catholique accorde une place importante à des intermédiaires comme les évêques, les prêtres, et les “œuvres” sacramentelles. Cela contredit l’Ecriture qui affirme : “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.” (Ephésiens 2:8-9).

L’Ecriture enseigne que Jésus seul est Sauveur. Lui seul était en mesure de mourir et de verser Son sang divin au Calvaire pour que les péchés des hommes soient pardonnés, et que la mort éternelle leur soit épargnée. Lui-même, le Seigneur Dieu, est venu en Personne nous apporter la liberté et le salut. “Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.” (Jean 8:36).

Pour Paul, il aurait été inadmissible que lui-même ou un ange du ciel annoncent un Evangile différent de celui qu’il avait enseigné. (Galates 1:8). Il écrivait aussi : “Nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.” (1 Corinthiens 1:23-24). “Car je n’ai point honte de l’Evangile : c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec.” (Romains 1:16).

La raison principale qui empêche les Catholiques de comprendre cet Evangile et de le proclamer, c’est qu’ils sont fermés à cette conviction que le Saint-Esprit veut leur communiquer : leur cerveau a été “lavé” par le système catholique romain. Immergés dans un salut par l’effort humain, ils ignorent une vérité fondamentale de l’Evangile biblique. Jésus a fait cette promesse : “Et quand il [le Saint-Esprit] sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement ; en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi.” (Jean 16:8-9).

Les membres du clergé qui ne sont pas animés par la puissance du Saint-Esprit (car ils ne sont vraisemblablement pas nés de nouveau) s’opposent à l’Evangile et à la mission que Jésus a confiée aux siens. Ils enfantent des “églises mortes” au moyen de leurs “bonnes actions”, de leurs rituels (les sacrements) de divers “enchantements” (les scapulaires, les médailles…) de “mantras” (certaines psalmodies, les neuvaines, le chapelet). Les païens en font autant ; ils font même mieux. Comme le dit Esaïe : “Nous avons conçu, nous avons éprouvé des douleurs, et quand nous enfantons, ce n’est que du vent…” (Esaïe 26:18).

Je crois à la véritable Bonne Nouvelle

Quand je suis “né de nouveau” à l’hôpital, le Saint-Esprit m’a montré mes péchés ; et moi, j’avais pris certains de ces péchés pour des vertus ! J’avais compté sur les bonnes actions et les “sacrements de l’Eglise” pour parvenir au salut. Mais là, j’ai compris que je n’avais enfanté “que du vent”. Alors je me suis repenti, et j’ai cru à LA VERITABLE BONNE NOUVELLE : Jésus avait tout accompli pour moi, une fois pour toutes, par son sacrifice unique offert sur la croix. Le seul moyen d’être sauvé était de me repentir et de croire simplement en Lui, mon seul Sauveur, mon seul Seigneur.

Le Seigneur m’a également convaincu que j’avais livré de mauvais combats contre beaucoup de gens. Non sans fierté, je m’étais toujours vu comme un prêtre aimable, prompt à pardonner, aimant envers tous, y compris les Hindous et les Musulmans ; aimable envers mes ennemis, et envers les pécheurs : est-ce que je n’avais pas donné ma vie pour les convertir à l’Eglise catholique afin qu’ils soient sauvés ? Mais maintenant, j’entendais très clairement la voix du Saint-Esprit, qui me montrait mon manque d’amour et mes jugements injustes : j’avais taxé beaucoup de chrétiens “d’hérétiques”. Tout à coup, c’était clair : je n’avais pas du tout aimé les “protestants”. A cause de mes préjugés et de mes craintes, j’avais évité les “hérétiques” et leurs émissions télévisées ; j’avais mis en garde les catholiques contre les Bibles protestantes et les écrits protestants. Je m’en suis repenti. C’était là un grand miracle de la grâce de Dieu. Des préjugés entretenus pendant de longues années ont été dissous. Voilà que maintenant je désirais rencontrer ces sœurs et ces frères chrétiens dont j’avais été séparé si longtemps. On aurait dit qu’un épais voile noir avait été ôté de mon cœur ; mes pensées et mes yeux percevaient clairement la vérité. Ma joie d’être sauvé était telle que les patients de la chambre voisine ont demandé à savoir ce qui me réjouissait tant. L’amour de Jésus brûlait en moi, un nouveau zèle me donnait le désir de rentrer en Inde, et une nouvelle audace me donnait le désir de proclamer l’Evangile au monde entier.

Une vie nouvelle, un zèle nouveau

J’ai visité toutes sortes d’églises, en commençant par des églises protestantes. Quel amour j’ai trouvé là, parmi mes frères chrétiens alors que je témoignais du Seigneur ressuscité : “Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui et éternellement.” (Hébreux 13:8) Il est le Fidèle et le Véritable.

“J’avais mis en l’Eternel mon espérance ; et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris. Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue, et il a dressé mes pieds sur le roc, il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une louange à notre Dieu.” (Psaume 40:1-3).

Le Seigneur a répondu à mes questions. Jésus-Christ est réellement ressuscité et vivant ; Il va on ne peut mieux ! Il revient bientôt ! Oui, “Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui, et éternellement”. Et Il est avec nous, tout comme Il était avec les saints de l’Eglise apostolique, et avec Josué et les saints de l’Ancien Testament.

Quelqu’un avait fidèlement prié pour moi, et j’avais reçu la grâce de crier au Seigneur , “et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l’amour qui est en Jésus-Christ.” (1 Timothée 1:14). De même, je vais persévérer dans la prière pour tous ceux qui sont séduits comme je l’étais jadis, quand je ne savais de quel côté me tourner. Je prie que le Seigneur entende leur cri, et qu’ils soient remplis de joie, qu’ils reçoivent la puissance de devenir des témoins du Christ. Je prie particulièrement pour les Jésuites et les Catholiques de l’Inde, pour que notre nation soit bientôt délivrée de tous ses maux par le sang de Jésus-Christ. Un jour, cette vision deviendra une réalité. Jésus, la Vérité, sera vainqueur.

La hiérarchie catholique m’a demandé de cesser d’enseigner, parce que j’avais publiquement reconnu que certains de ses dogmes principaux et certaines de ses pratiques étaient contraires à la Parole de Dieu dans la Bible. J’avais toujours respecté mes supérieurs dans l’Eglise catholique, et leur avais toujours obéi dans toute la mesure du possible. Mais ma conscience me montrait maintenant que si je restais sous l’autorité de l’Eglise catholique, je ne pourrais que me soumettre à des enseignements erronés, et à des mensonges inspirés par l’esprit de l’anti-Christ. Dans Jean 8:43-44, Jésus a sévèrement repris les Pharisiens : “Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge.” L’Eglise catholique romaine a manifesté ces dispositions-là au travers de l’Inquisition, et en mettant à mort de nombreux réformateurs. Loin de renoncer aux fausses doctrines du Concile de Trente, le Concile de Vatican II les cautionne à cent pour cent. Il encourage aussi les Catholiques à tenir pour “salvifiques” les fausses religions.

Le Cardinal de Bombay et d’autres autorités m’ont pressé de rester dans l’Eglise catholique. J’avais pour eux de l’affection. Par le passé, ils m’avaient entièrement soutenu dans tout ce que je faisais en Inde. J’ai écrit au Cardinal, et même au Pape, ainsi qu’au Provincial des Jésuites pour leur expliquer longuement et respectueusement que nous devons “obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes”. (Actes 5:29). Cela me brisait le cœur de me séparer du peuple catholique, de mes amis et de ma famille, et de ne plus pouvoir leur enseigner la Bonne Nouvelle biblique. Que dans Sa souveraineté le Seigneur les bénisse en leur faisant connaître Sa vérité ; qu’Il libère les captifs, afin qu’ils puissent suivre Jésus sans faire de compromis. Je Lui demande cela au Nom de Jésus.

En 1993, j’ai épousé Julie Laschiazza Baden, originaire de Brentwood à Los Angeles. Elle avait servi à mes côtés pour sauver des âmes par le Saint-Esprit, dans les milieux catholiques un peu partout en Inde et aux USA. Dieu lui donne un ministère fructueux. Ensemble, nous avons fondé “Cornerstone International Ministries” en Inde et aux USA, pour aider les chrétiens à prier et à œuvrer par la puissance du Saint-Esprit, et pour annoncer Jésus-Christ en Inde au moyen des mass media.

Difficultés dans le monde protestant

J’ai conscience des problèmes qui se posent aussi en milieu protestant. Certaines églises sont tombées dans le piège de la pollution doctrinale, de l’humanisme, du pluralisme, et surtout du matérialisme dit chrétien, “l’Evangile de la prospérité”, sans compter le messianisme à caractère politique. Dans bien des pays “chrétiens” riches et puissants, Mammon règne en maître. Des prédicateurs et des guérisseurs qui se disent “nés de nouveau” et “remplis du Saint-Esprit” transforment l’évangélisation en vastes affaires commerciales. Tout en montrant du doigt la puissance et les prostitutions vaticanes, eux-mêmes édifient leur propre petit Vatican et se conduisent en “papes” infaillibles, avec leurs propres chaînes de télévision, leurs grands instituts, leurs édifices impressionnants et leurs “activités récréatives chrétiennes”. Brassant des millions de dollars, ils n’ont guère envie de quitter leurs demeures luxueuses pour visiter des stations missionnaires en difficulté, même dans leur propre pays. Séduites, certaines églises dites “charismatiques” ou “pentecôtistes” recherchent les signes et les prodiges en cultivant les pouvoirs occultes, le “développement personnel” et sa conséquence inéluctable, la divinisation idolâtre du moi.

Victor J. Affonso

Originaire de l’Inde, il est très actif présentement ; il passe six mois par an en Inde et six mois aux Etats-Unis. Il a un cœur d’évangéliste. Il prêche et rend un vibrant témoignage aussi bien aux USA qu’en Inde, dans les environs de Bombay et de Goâ. Il dirige l’Association “Cornerstone International”, dont il est le fondateur. On peut prendre contact avec lui en écrivant à l’adresse :

Unique B-204, Cross Road 6 Borivali (W) Bombay 400103 Inde

 

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