Rescapée du labyrinthe – Eileen M. Doran

Chaque vie vient directement de la main de Dieu et suit un parcours absolument unique du premier au dernier jour. La mienne n’a sûrement rien d’exceptionnel: elle ressemble à des myriades d’autres vies qui ont paru, puis disparu au fil des siècles. Je suis venue au monde dans une famille irlandaise catholique. Trois générations avant la mienne, de nombreux Irlandais avaient émigré aux Etats-Unis lors de la terrible famine qui sévit de 1846 à 1848, quand les récoltes de pommes de terre furent perdues. Ma mère, d’origine française, pouvait retracer son ascendance jusqu’à la révolution de 1789. Elle avait fréquenté des églises baptistes ou méthodistes, mais lors de son mariage avec mon père, elle s’était convertie au catholicisme.

Mon éducation catholique

Enfant, j’accompagnais de temps à autre mes parents à l’église, mais c’est dans une école catholique de Jersey City, dans l’état du New Jersey, que j’ai pris conscience de l’existence de.  Dieu. J’étais au cours élémentaire. Toutes les maîtresses étaient des religieuses, sauf une très belle jeune infirme qui nous a fait la classe en première année de cours moyen.

Au cours élémentaire j’avais une institutrice d’un certain âge. Elle portait l’habit de son ordre, et elle était très gentille, très pieuse. Sœur Angelita était maternelle et affectueuse: à ma grande joie, parfois elle me prenait un instant sur ses genoux. Elle nous a parlé de la vie de Jésus et de sa mort sur la croix: alors j’ai décidé de consacrer ma vie au Seigneur et d’entrer un jour dans cette même congrégation. Plus tard, au lycée, j’ai participé avec enthousiasme aux diverses activités religieuses qui s’offraient à nous, pensant c’était le moyen de plaire à Dieu, de mieux le connaître, et de le servir de la façon la plus pure et la plus excellente.

A plusieurs reprises, j’ai fait cette neuvaine particulière qui consiste à aller à la messe le premier vendredi du mois pendant neuf mois consécutifs. Je me demandais comment Dieu comptabiliserait toutes les indulgences plénières que cette pratique me procurait. Une “prière jaculatoire” (d’une seule phrase) permettait généralement la remise de cent jours de purgatoire. Pendant le temps de l’Avent, si on faisait chaque jour une prière spéciale pour ce temps liturgique, on obtenait une indulgence plénière. A douze ans, j’ai commencé à aller à la messe tous les jours. Je participais à des neuvaines en l’honneur de Marie et de Saint François Xavier. Pour la protection au cours d’un voyage, je priais Saint Christophe. Pour les objets perdus, j’invoquais Saint Antoine, et dans les cas désespérés, Saint Jude.

La préparation à la vie conventuelle

J’étais en deuxième année de collège quand une jeune femme est venue nous parler d’un autre établissement scolaire, qui dépendait du même ordre religieux et préparait les jeunes filles à la vie conventuelle. Cet institut acceptait les élèves à partir de l’âge de quatorze ans. Puisque je voulais servir Dieu, je me suis tout de suite sentie concernée. Comme on pouvait s’y attendre, mon père fut très fier de moi et il annonça la nouvelle à sa famille, entièrement composée d’irlandais profondément catholiques. Il n’y avait pas eu de “vocation” dans la famille depuis qu’une de ses tantes était entrée au couvent quelque part en Pennsylvanie.

Mes quatre années de collège ne me parurent pas longues. Je travaillais intensément sur le plan scolaire, tout en suivant un programme rigoureux dans le domaine de la prière et de la formation religieuse. De cette époque, je retiens deux expériences surtout. Quand le temps était mauvais ou menaçant, nous invoquions Marie en chantant le mélodieux “Magnificat” grégorien. Si un rayon de soleil venait alors éclairer la salle, nous y voyions, bien sûr, la preuve de son intervention. D’autre part, tous les jours après le déjeuner de midi, nous disions le chapelet. J’avais trouvé un ouvrage intitulé “Neuvaines avec le chapelet”. Il contenait des méditations sur les quinze “mystères du rosaire”, ces mystères dits “joyeux”, “douloureux”, et “glorieux”. Ces méditations rendaient la prière beaucoup moins monotone, car il fallait réciter dix “Je vous salue” pour chaque mystère. Pour nous donc, la vie de Jésus, sa mort et sa résurrection étaient centrées sur la personne de “la Sainte Vierge”.

Au cours de ces années de collège, je suis allée jusqu’à me consacrer à Jésus par l’intermédiaire de Marie. J’avais en effet lu des ouvrages sur Louis Marie Grignion de Montfort, et il préconisait cette démarche. Jésus passait pour être trop élevé, hors d’atteinte. Marie, nous disait-on, était plus accessible aux humains imparfaits que nous sommes. Elle avait pourtant été conçue sans la moindre trace de péché originel, et avait mené une vie parfaite. Elle était moins difficile à imiter que Jésus. On nous enseignait qu’elle était “co-rédemptrice” aux côtés de Jésus. Ne se tenait-elle pas auprès de la croix lorsque Jésus est mort?

Ma formation de religieuse

A ma sortie de cet institut de préparation, j’ai été acceptée comme postulante chez  les Sœurs de la Charité de Sainte Elisabeth, à Convent Station dans le New Jersey. Cette année s’est très bien passée. Je suivais des cours de niveau universitaire, et je servais aux tables dans le réfectoire des étudiantes.

Un an plus tard, je suis entrée au noviciat. Les novices vivaient cloîtrées, se préparant à devenir membres à part entière de la communauté, et prononçant des vœux temporaires de pauvreté, de chasteté, et d’obéissance. Nous ne pouvions suivre que des cours de religion ou de musique sacrée, et nous prenions part aux travaux ménagers dans la maison mère. En-dehors des récréations (une heure l’après-midi ou le soir, et en certaines occasions particulières, à la discrétion de la supérieure), il nous fallait garder le silence. La maîtresse des novices, qui supervisait quarante-cinq d’entre nous, avait pour principe de briser en nous la moindre manifestation de volonté propre. Presque chaque jour elle nous accusait publiquement ou en privé de fautes parfois réelles, mais plus souvent imaginaires. Ces humiliations avaient pour but, disait-on, de nous sanctifier. Un jour j’ai dû accepter une pénitence publique consistant à réciter le Psaume 51, à genoux devant tout le groupe, après les prières du soir. Le respect rigoureux des règles était censé nous mener à la perfection. Les pénitences devaient venir à bout de nos défauts. Aucun “laïc” ne pouvait prétendre à ce degré-là de sanctification. Hélas, de telles méthodes excluaient d’avance toute possibilité de sanctification véritable.

A la fin de l’année, j’étais convaincue que jamais je ne parviendrais à la sainteté. Sœur Patricia, notre maîtresse des novices, faisait partie de la petite élite qui avait connu ce qu’on appelait “la conversion”. Je priais aussi longuement que possible, et je cherchais à paraître suffisamment “sainte” pour obtenir son approbation, mais au bout d’un an de ce régime, j’étais persuadée que je ne serais jamais bonne à rien. La maîtresse des novices me fit savoir qu’elle me permettrait de prononcer mes vœux, mais que jamais je ne serais une bonne religieuse. J’avais l’impression que Dieu lui-même ne pouvait pas m’approuver; je n’en persistais pas moins à croire que j’avais choisi le meilleur moyen de le servir. J’étais convaincue qu’il n’existait aucune autre voie pour servir Dieu sans réserve. A la fin de l’année, j’ai donc prononcé mes vœux perpétuels de pauvreté, de chasteté, et d’obéissance. Désormais je devais me montrer à la hauteur de la devise de notre congrégation: “Vivre la règle, c’est vivre pour Dieu”. J’avais l’âme rongée par le découragement, mais je me suis mise en demeure de servir Dieu de mon mieux. Qui aurait pu faire plus?

Ma vie comme religieuse

Tout en continuant à résider dans la maison mère, j’ai fait deux années d’études supplémentaires, obtenant une licence ès sciences à l’Institut Universitaire Sainte Elisabeth. Là-dessus, on m’a nommée professeur de biologie dans un lycée catholique du diocèse. Je consacrais les vacances d’été à l’obtention d’une maîtrise à l’Université catholique de Washington D.C. Pendant l’année scolaire, tout en enseignant à plein temps et en étant responsable d’activités extrascolaires, j’ai bénéficié d’une bourse d’état pour faire d’autres études en rapport avec ma discipline, suivant des cours à temps partiel dans différents établissements universitaires.

Ma vie était bien remplie. L’impression que jamais je ne serais bonne à rien s’était un peu estompée. Un jour, un prêtre qui exerçait dans mon lycée m’a demandé de faire équipe avec lui pour monter un programme de lutte contre la drogue. Nos relations étaient cordiales, mais je suis tombée des nues quand il m’a proposé une relation bien plus qu’amicale. Un soir où nous avions mangé ensemble au restaurant, il m’a emmenée chez lui au presbytère, puis il a fermé la porte à clé. De toute évidence il voulait autre chose qu’une simple amitié. J’ai demandé à être mutée dans un autre lycée, mais il est resté en contact avec moi. Cette année-là, il m’a proposé de l’épouser, et j’ai songé à quitter le couvent. Peu après, il a reçu l’autorisation de poursuivre ses études. Il a alors modifié son projet et m’a proposé une “relation privilégiée” qui permettrait à l’un et à l’autre de conserver notre statut de religieux.

Peu de temps après, j’ai participé à la direction d’une session spirituelle. Le prêtre qui prêchait pendant cette retraite m’a également tenu des propos qui dépassaient le cadre de l’amitié. J’ai alors pris la ferme décision de quitter la vie religieuse. Je venais d’avoir vingtneuf ans.

Un congé permanent

Mon univers s’était effondré. J’avais travaillé dur pendant plusieurs années pour essayer de retrouver un peu d’estime de moi-même, et de plaire vraiment à Dieu, mais c’était clair: la vie conventuelle n’était pas pour moi. J’avais vu de très près une hypocrisie qui faisait de mes vœux une dérision. J’ai entamé une démarche auprès de mes supérieures pour solliciter  un congé. Mais déjà je savais que je ne reviendrais plus jamais au couvent.

En secret, je descendais au sous-sol pour rédiger mon curriculum vitae et des lettres de motivation adressées à des directeurs d’établissements scolaires publics. Ma famille m’a clairement fait comprendre que je ne devais ni essayer de rentrer à la maison, ni attendre d’elle un secours quelconque. Dans le dernier lycée où j’avais exercé, une collègue avec laquelle je m’étais liée d’amitié m’a proposé de loger chez elle pendant qu’elle et son mari et ses deux jeunes enfants étaient en voyage d’affaires. L’été précédent, j’avais fait de la recherche en microbiologie pour un laboratoire pharmaceutique, et à la fin de cette année scolaire, j’avais la possibilité de reprendre cette activité. Une autre collègue, une “laïque”, vendait quelques meubles d’occasion, très usagés: cette offre m’intéressait! La communauté religieuse m’a rendu deux cents dollars quand je suis partie, conformément aux dispositions du Droit canonique. (En y entrant, j’avais dû lui verser une somme à titre de “dot”, comme c’était l’usage autrefois.) J’ai demandé si je pouvais rester au couvent jusqu’à la fin du mois d’août, tant que je n’avais pas d’autre logement, mais on m’a répondu que la Sœur Nicoletta avait besoin de ma chambre: il me fallait partir avant le quinze juin. Heureusement, j’ai alors trouvé un travail pour la rentrée scolaire suivante dans une école publique située non loin de chez mes parents.

Hébergée chez mon amie, j’ai pu gagner ma vie cet été-là. J’ai ensuite emménagé dans un appartement avec ces meubles d’occasion qui m’avaient coûté cent dollars. Au début du mois de septembre, j’ai rejoint mon poste dans l’enseignement public. Six mois plus tard, j’apposais ma signature sur les documents officiels de Rome qui me déliaient de mes vœux perpétuels. La supérieure m’a alors dit qu’il ne s’agissait que d’un bout de papier, mais pour ma part j’avais considéré ces vœux comme un engagement à vie envers le Seigneur. Je pensais avoir perdu toute possibilité de le servir de façon excellente. Je n’étais plus qu’une laïque, une défroquée qui ne pouvait plus prétendre à la sanctification totale.

Je me marie

Seule dans cet appartement, j’ai souffert d’un certain isolement. Depuis mon départ de la communauté la présence quotidienne de mes compagnes me manquait. La solution paraissait être le mariage, mais dans ma tranche d’âge la plupart de mes connaissances étaient déjà mariées. Le choix s’était nettement rétréci pendant toutes ces années que j’avais passées au couvent. J’ai pris contact avec une amie qui avait quitté le couvent deux ans avant moi. Elle m’a suggéré de consulter une agence qui avait permis à une autre exreligieuse de notre congrégation de rencontrer, puis d’épouser un homme des plus estimables. Les contacts que cette agence me procura restèrent sans suite pendant un an, jusqu’au jour où je fis connaissance avec Briant Doran. Nous comprîmes tout de suite que c’était le début d’une relation profonde et durable.

Ce jour-là, alors que nous retournions vers mon appartement, Briant me confia qu’il avait tenu à devenir interne dans un établissement scolaire catholique pour se préparer à la prêtrise. Un ami lui avait cependant conseillé de ne pas s’engager avant la fin de ses études secondaires. Ce délai permit à Briant de comprendre qu’il n’était pas fait pour le célibat. Je lui parlai alors de mes seize années de participation à l’ordre de Sainte Elisabeth, comme élève d’abord, puis comme religieuse. Le personnel du lycée de Briant faisait justement partie de cet ordre. Nous avions souvent connu les mêmes religieuses. Nous avions grandi dans la même ville, sans jamais nous rencontrer, étant membres de paroisses différentes. Lui aussi était issu d’une famille irlandaise catholique. Il faisait partie, lui aussi, de la génération des années cinquante. Il avait assisté à l’intronisation d’un de ses cousins comme évêque d’un diocèse du Connecticut. Un autre de ses cousins, John Doran, était prêtre dans le New Jersey, et c’est lui qui devait nous marier dix-huit mois plus tard.

Premiers contacts avec la vérité

Au cours de nos fiançailles, Briant me parla de son collègue Tom, qui avait quitté l’Eglise catholique. Briant lui-même ne pratiquait pas sa religion, mais il avait essayé de convaincre Tom de revenir à la foi catholique. Tom l’invita un jour à l’accompagner dans sa nouvelle église. Briant s’aperçut que ces chrétiens-là avaient une toute autre conception de la foi: c’était tout nouveau pour lui. Au cours du culte, le pasteur enseigna clairement que “tous ont péché, et sont privés de la gloire de Dieu” (Romains 3:23). Il dit également: “Il n’y a point de juste, pas même un seul” et aussi: “Toute notre justice est comme un vêtement souillé” (Esaïe 64:5). Notre être naturel, expliqua-t-il, est irrémédiablement séparé de Dieu. Seul le sang versé par Jésus-Christ sur la croix peut nous réconcilier avec Dieu, et “par ses meurtrissures…nous sommes guéris” (Esaïe 53:5). “Le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur” (Romains 6:23). Au dire de ce pasteur, la Bible était l’unique source d’autorité pour tout ce qui touche à la foi et à la conduite de la vie.

Cet homme invita ses auditeurs à mettre leur foi en Jésus-Christ seul pour être sauvés, et Briant répondit à son appel. “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie” (Ephésiens 2:8-9). “Voici, Dieu est ma délivrance, je serai plein de confiance, et je ne craindrai rien; car l’Eternel, l’Eternel est ma force est le sujet de mes louanges, c’est lui qui m’a sauvé” (Esaïe 12:2-3).

Briant éprouva tout de suite le besoin d’annoncer clairement ce message aux catholiques qui se confiaient en leurs propres œuvres pour être réconciliés avec Dieu. Le plus affligeant, dans ce système d’œuvres, c’est que personne ne peut jamais être assuré, à sa mort, d’en avoir fait suffisamment pour être admis au ciel. Par exemple, après un décès, la famille endeuillée reçoit souvent d’innombrables cartes de messe. Ceux qui achètent ces cartes – et ils sont nombreux – dépensent leur argent en pure perte, persuadés que messes et prières aideront leurs chers disparus à entrer au ciel. Mais non, “il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement” (Hébreux 9:27). C’est avant de mourir qu’il faut recevoir l’assurance du salut, en mettant notre foi dans le sacrifice que Jésus a offert pour nos péchés une fois pour toutes. Lorsqu’un être humain rend son dernier souffle, sa destinée éternelle est déjà scellée.

Dès lors, pour Briant, il fut évident que le salut s’obtenait par la foi seule, à cause des mérites de Christ seul. Pour le pardon de nos péchés, Jésus-Christ avait offert une fois pour toutes le sacrifice parfait. Toute autre prêtrise est inutile, car en lui nous avons le grand souverain sacrificateur qui s’est identifié à nous dans notre faiblesse, a traversé les cieux, et siège maintenant à la droite du Père, intercédant pour nous. “Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu; il attend désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied. Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.” (Hébreux 10:11-15).

Briant s’inscrivit aux nouveaux cours de formation pour diacres catholiques mariés. Nous étions mariés depuis un an, et nous avions un bébé de trois mois. Pendant dix-huit mois, Briant fut assidu à ces cours de formation, dispensés au centre diocésain deux soirs par semaine. On finit par repérer ses “tendances protestantes”, lorsqu’il était question, entre autres sujets, de l’autorité de la Bible, de Marie, du purgatoire, ou du contrôle des naissances. Briant était bien convaincu qu’il y avait “un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous” (1 Timothée 2:5). La Parole de Dieu lui avait montré que le recours à intercession de Marie ou des “saints”, et l’absolution des péchés par un prêtre étaient des pratiques vaines. Le jour où il dit au responsable qu’il avait l’intention de parler à tous du salut gratuit que procure le sang de Jésus par la foi seule, on se moqua de lui et on le traita de “cinglé de Jésus”. Briant comprit alors qu’il n’était pas à sa place dans ce cycle de formation et il décida de quitter l’Eglise catholique.

Comment on étouffe la vérité

Emerveillés tous deux par la clarté des vérités bibliques, nous étions en même temps interloqués de voir les autorités ecclésiastiques les mettre délibérément sous le boisseau. Briant déclara qu’en barrant l’accès à la vérité, elles menaient d’innombrables âmes en enfer. Ceux qui prenaient ainsi ouvertement position pour la vérité étaient ridiculisés et réduits au silence. La seule solution était de quitter un système enlisé dans des mensonges séculaires. Aucun individu, aucun groupe ne pourrait changer quoi que ce soit à cette immense organisation. Même des hommes comme John Wycliffe, Jan Hus, Martin Luther et Jean Calvin (entre autres) n’ont pas réussi à réformer l’Eglise catholique: ils ont seulement pu éloigner les élus de Dieu des mensonges du catholicisme en enseignant la doctrine biblique véritable sur le salut, et en prêchant toute la vérité. A son tour, Briant ne put que rompre avec les fausses doctrines prônées par Rome depuis tant de siècles.

Les convictions de Briant

Il opta pour une église biblique qui se réunissait tout près de chez nous. Cet ancien catholique  voyait clair dans les questions spirituelles. Pour ma part, j’avais été si profondément engagée dans le catholicisme que j’ai mis plus de temps à discerner les oppositions entre la Parole de Dieu et le système diabolique de Rome. C’est vrai, depuis longtemps j’avais cru que certaines doctrines catholiques étaient erronées, mais je m’étais habituée à tolérer l’erreur, et je croyais qu’une église pouvait professer en même temps l’erreur et la vérité. Après avoir lu “L’infaillibilité” de Hans Küng, j’avais conclu que le Pape n’avait probablement pas toujours raison, même quand il parlait “ex cathedra”.

La lecture des Actes de Apôtres m’avait convaincue que l’église du premier siècle était le modèle à suivre, et je trouvais bien dommage que nous nous en soyons tant écartés. On nous avait appris que les églises protestantes étaient des formes corrompues de l’Eglise catholique, la seule Eglise véritable, comme on disait, l’Eglise fondée sur l’Apôtre Pierre, selon cette parole de Jésus dans l’Evangile: “Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle” (Matthieu 16:18). Impossible de faire autrement, me semblait-il, que d’accepter une église très imparfaite, puisque l’église idéale n’avait existé qu’au premier siècle. Cette petite église que fréquentait mon mari, et qui se réunissait dans un ancien poulailler remis à neuf, que pouvait-elle bien avoir en commun avec le modèle biblique idéal?

Vérité biblique et doctrine catholique

Grâce à des émissions radiophoniques chrétiennes je suis entrée en contact avec une association qui évangélise les catholiques. J’ai écrit à Bart Brewer, directeur de l’Association “Mission to Catholics International”. J’avais entendu son témoignage à la radio, et je me reconnaissais dans les difficultés qu’il avait eues à quitter l’Eglise catholique. A deux reprises, il avait suivi une formation dans une Ecole Biblique pour “se déprogrammer” par rapport à la doctrine catholique. Oui, j’avais bien le même problème. Il m’a envoyé des livres et des traités qui exposaient clairement les différences entre la foi biblique et la doctrine catholique. J’ai commencé à voir clair.

J’ai compris que nous sommes sauvés exclusivement par la foi, que Jésus-Christ est nécessairement le médiateur unique, et qu’il nous a sauvés par sa mort et sa résurrection. Quand j’ai lu 1Timothée 4:1-3, quelle révélation de voir que Paul avait déjà décrit ceux qui allaient exiger qu’on garde le célibat et qu’on s’abstienne de viande: “Mais l’Esprit dit expressément que dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi pour s’attacher à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience; ils prescrivent de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a crées pour qu’ils soient pris avec des actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité.” Et moi qui avais cru que les préceptes catholiques venaient de Dieu! En effet on m’avait appris que l’Eglise catholique était l’Eglise de Dieu.

Il n’y a pas de mariage possible entre la vérité et le mensonge. Ou bien on croit que la Parole de Dieu est la règle infaillible en matière de foi, ou bien il faut croire les préceptes anti-bibliques de l’Eglise catholique. Dans ce cas on ira un jour rejoindre le père du mensonge, Satan lui-même, dans l’étang de feu, pour être damné, c’est-à-dire éternellement séparé de Dieu. Mais Dieu a préparé un sûr chemin, celui de la foi, qui conduit à la gloire éternelle en sa présence tous ceux qui croient la seule Parole de Dieu et non les doctrines des hommes.

Mes yeux s’ouvrent

Pour finir, j’ai pu renoncer aux nombreux mensonges qu’enseigne le catholicisme, sachant que dans la Bible je trouverais tout ce qui est nécessaire à la doctrine et à la conduite de la vie. “Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre” (2 Timothée 3:16). J’étais résolue à me confier exclusivement en l’œuvre de Jésus sur la croix pour être sauvée et sanctifiée: “Car nous sommes son ouvrage, ayant été crées en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions” (Ephésiens 2:10). Dieu œuvre en nous selon sa volonté, et selon son bon plaisir. Il me fallait donc faire confiance à Dieu, par la foi seule, pour être sauvée par la grâce seule, par le sang de Jésus.

Notre baptême biblique

Après la naissance de notre deuxième fils, Briant et moi sommes passés par le baptême biblique. Mon mari avait patiemment attendu que je le rejoigne sur ce point. Nous avions été baptisés en tant que nouveaux-nés, mais la Bible nous avait montré que le baptême est le signe de la foi en Christ, et qu’il doit être administré à ceux qui s’engagent en connaissance de cause à marcher avec lui. “Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit” (Actes 2:38).

Un ministère à domicile

Peu après notre baptême, Brian a perdu un oncle qu’il aimait beaucoup. Il était pratiquement sûr que son oncle Johnny était mort sans se confier en Jésus seul pour être sauvé. Briant aurait bien voulu renoncer à son travail pour exercer un ministère à plein temps, mais après avoir longuement réfléchi, il comprit que sa vocation première était de s’occuper de sa famille et d’élever ses fils. Un ministère à plein temps aurait nui à cette vocation. Il y renonça donc, tout en retenant l’idée d’organiser un jour une soupe populaire qui permettrait de nourrir les plus démunis et de leur annoncer en même temps l’Evangile.

En bon chef de famille il s’occupa de préparer dans la maison des chambres destinées à recevoir des personnes ayant besoin d’être accueillies. Le pasteur lui donna des ouvrages à lire sur le ministère d’accueil. Au cours des quatre années qui s’écoulèrent entre la naissance de notre troisième et de notre quatrième fils, ce pasteur nous demanda d’offrir un foyer à plusieurs personnes. Nous avons accueilli une jeune veuve sourde qui avait un fils de deux ans, une dame aveugle, un jeune réfugié cambodgien orphelin, une famille de chômeurs dont les biens avaient été saisis, et beaucoup d’autres encore.

Maman à plein temps

Nous étions convaincus que pour élever les enfants, notre famille avait besoin d’une mère au foyer à plein temps. J’ai donc renoncé à un poste de titulaire dans l’enseignement public. Brian disait: “Si Jésus est le Seigneur de votre vie, c’est lui qui décide de l’arrivée de vos enfants.” Nous voulions laisser le Seigneur “remplir notre carquois” selon sa volonté: en effet, “le juste vivra par sa foi” (Habakuk 2:4).

Nos deux aînés ont fréquenté une école chrétienne jusqu’au jour où cela devint financièrement impossible, leur papa s’étant retrouvé au chômage. Comme ils avaient des difficultés d’apprentissage, l’enseignement à domicile nous parut être la meilleure solution. Les cours, les sorties éducatives, et la collaboration avec d’autres familles furent une expérience tout à fait passionnante.

Après avoir été directeur d’une compagnie de fret aérien pendant quinze ans, Briant s’était retrouvé au chômage après avoir fait des heures supplémentaires pendant des mois, dans l’espoir de conserver son poste. Deux ans plus tard, nous avons appris que cette compagnie avait été rachetée par une autre. De toute évidence le licenciement de Briant avait été une mesure économique destinée à renflouer une entreprise en détresse.

Briant tenait toujours fermement à ce que je reste mère au foyer à plein temps. Il avait coutume de dire: “La maman est le cœur de la famille. Satan s’en prend aux familles, mais Dieu me permettra de pourvoir aux besoins des miens.” Il a dû se contenter d’emplois précaires, et il est resté sept ans et demi sans retrouver d’emploi stable. Dieu testait sa foi, disait-il. Austin, notre quatrième fils, est venu au monde pendant la deuxième année de cette période de précarité. Au cours de cette période d’épreuve, ce fut d’ailleurs le seul moment où nous avons bénéficié d’une couverture sociale. J’ai dû subir une césarienne et passer cinq jours à l’hôpital: notre assurance a réglé les frais. Nous avions voulu laisser Dieu décider de la naissance de nos enfants, et il s’est montré fidèle. Nos autres fils ont poursuivi leur scolarité à domicile.

Nos difficultés financières

Briant trouva un emploi dans un secteur qu’il avait brièvement connu quand il était encore célibataire: il devint représentant en assurances. Trois fois, à des moments critiques, nous avons pu effectuer des versements pour payer notre maison, et rattraper le retard  dû au fait que Briant restait parfois sans revenus avant de retrouver un travail. Des amis et des membres de notre famille nous aidaient de temps en temps.

Mais un jour, il fallut nous résoudre à nous déclarer insolvables. Briant restait fermement persuadé que nous ne devions pas quitter notre maison. Pendant des années nous l’avions utilisée pour la gloire de Dieu, en offrant l’hospitalité à des personnes dans le besoin. Briant disait que Dieu ne distribue pas de talents pour les reprendre ensuite, mais qu’au contraire il les multiplie. Cette maison avait été consacrée au service du Seigneur, et Briant était convaincu que nous n’allions pas la perdre. Il faisait souvent monter vers le Seigneur cette prière du Psaume 30, au verset 8: “Que gagnes-tu à verser mon sang, à me faire descendre dans la fosse? La poussière a-t-elle pour toi des louanges?” Il était sûr que le Seigneur allait nous délivrer de l’épreuve.

Briant n’a pas cessé de témoigner

Il avait pris un troisième emploi, et il y travaillait un vendredi soir de la dernière semaine de septembre. Ce soir-là il eut une crise cardiaque sur son lieu de travail. Presque instantanément, il se retrouva auprès du Seigneur qu’il avait servi avec tant de fidélité.

Son ami Tom qui l’avait conduit au Seigneur dix-sept ans plus tôt était maintenant pasteur. Il accepta de conduire les obsèques de Briant, et s’adressa aux auditeurs en termes émouvants. “Après être venu au Seigneur, dit-il, Briant a toujours conservé une foi ardente. Son cœur brûlait pour Dieu.” Des amis qui avaient travaillé avec Briant sept ans et demi auparavant, avant son licenciement, sont venus lui dire un dernier au revoir. L’un d’eux m’a dit: “Jamais je n’ai vu une foi pareille. Sa persévérance était sans faille.”

Sur la pierre tombale de Briant j’ai fait graver ces paroles: “Les morts en Christ ressusciteront premièrement… Amen! Viens, Seigneur Jésus!”  Même au cimetière, il y a un témoignage de la foi ardente de Briant.

Le Seigneur pourvoit

Après la mort de Briant, j’ai téléphoné à notre conseiller juridique pour annuler la date de notre dépôt de bilan: il me fallait m’occuper en priorité des obsèques de mon mari. Peu de jours après l’enterrement, on m’a notifié la saisie de nos biens. J’ai transmis le document au conseiller juridique. Je devais environ cent cinquante mille dollars; deux assurances-vie m’avaient versé quatre-vingt-dix mille dollars.

Pendant ces jours de crise, j’ai repensé à ma sortie du couvent, à toute la douleur, toute la confusion dont le Seigneur m’avait sauvée en ce temps-là. Ne pouvais-je pas compter sur lui pour me sortir aussi de la crise présente? Les membres de ma famille n’étaient venus aux obsèques que par devoir; ils avaient coupé toute communication lorsque j’étais devenue pour eux “persona non grata” en raison de ma nouvelle foi biblique.

L’incompréhension entre nous s’était encore aggravée du fait que pendant les sept ans et demi où Brian était resté sans emploi stable, j’avais refusé de travailler ailleurs qu’à la maison. Le secours me viendrait donc du Seigneur qui a fait les cieux et la terre, et de personne d’autre. Je restais convaincue qu’à ce moment-là, il ne voulait pas que je prenne un travail en-dehors de la maison. Je m’attendais à lui, pour qu’il me montre clairement sa volonté.

Après plusieurs mois de négociations et de procédures, notre conseiller juridique a pu faire ramener ma dette à la somme de quatre-vingt deux mille dollars. Nous avons connu une période bien houleuse, mais en fin de compte les quatre-vingt dix mille dollars de l’assurance-vie de Briant ont suffi pour rembourser l’emprunt sur la maison. L’employeur de Briant a réglé les frais d’obsèques et m’a fait don de dix mille dollars un mois après le décès. J’ai continué à livrer des journaux, tout comme pendant les deux années précédant la mort de Briant. J’avais pris ce travail pour mon fils, pour lui donner l’occasion d’exercer un petit emploi: jamais je n’avais pensé que ce serait pour nous un moyen de survie, avant et après le décès de son père.

Briant étant décédé sur son lieu de travail, j’ai reçu des indemnités. Cumulées avec des versements de la Sécurité Sociale et une minuscule pension de l’entreprise qui l’avait autrefois licencié, elles m’ont permis de continuer l’enseignement à domicile et même de cesser de livrer des journaux.

La douleur profonde qui avait rempli mon cœur quand j’avais quitté le couvent, renonçant à ce que j’avais pris pour la manière la plus excellente de servir Dieu, a fait place à un cantique de louange au Seigneur, pour son action puissante tout au long de ma vie depuis lors. Que de grâces il m’a accordées au cours de tant d’expériences vécues, si variées! Il m’a appelée à être épouse et mère, à enseigner mes fils à domicile, à diriger des études bibliques pour un groupe de femmes, à faire des cours bibliques pour des enfants, à fonder et à diriger une association de soutien aux familles pratiquant l’enseignement à domicile. A deux reprises j’ai exercé dans une école chrétienne. Avec une existence aussi remplie, comment considérer mon départ du couvent comme une perte?  Toutes ces “œuvres”, j’ai pu les assumer en me confiant simplement dans la toute-suffisance de Jésus et en son sang versé pour mon salut et ma sanctification.

Regarder en arrière est hors de question

Comme dit le Seigneur dans Matthieu 7:13-14, le chemin est étroit et il y en a peu qui le trouvent. Il nous faut entrer par la porte étroite, et regarder seulement à Jésus: il suscite en nous la foi et la mène à la perfection (Hébreux 12:2). Nous devons nous nourrir quotidiennement de sa Parole, car “la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ” (Romains 10:17). Il nous faut pour ainsi dire couper nos amarres et avancer en eau profonde, en faisant confiance à Dieu pour tout, puisque “le juste vivra par la foi”. Les compassions du Seigneur “se renouvellent chaque matin.” ” Oh! Que ta fidélité est grande!” s’écrie le prophète (Lamentations 3:23). “Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ” (Philippiens 1:6). “Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir” (Philippiens 2:13).

Paraphrasant l’Ecriture, un jour mon mari avait fait une remarque intéressante: “Je marche sur l’eau, a-t-il dit, et au point où j’en suis, tout retour en arrière est impossible.” La ferme conviction qu’avait Briant de garder notre maison, conformément à la volonté de Dieu, a été source de grandes bénédictions, tant spirituelles que matérielles, pour notre famille. Nous en serons pour toujours reconnaissants.

Faire confiance à Dieu, et lui obéir

Aujourd’hui mon fils aîné est fiancé à une jeune chrétienne “née de nouveau”. Ils ont l’un et l’autre dix-neuf ans. Briant “junior” est dans une école d’informatique, et il y réussit très bien. Il est aussi technicien médical diplômé des services d’urgence, où il travaille à plein temps. Lui et sa fiancée sont attachés aux mêmes valeurs que leurs parents. Elle aussi veut être mère au foyer quand ils seront mariés. Ils veulent laisser Jésus diriger toutes choses dans la venue au monde de leurs enfants à venir. Mon fils déclare sans ambiguïté que nous ne devons jamais avoir peur des temps d’épreuve. Il sait que Dieu pourvoit aux besoins de ceux qui croient. Comme disait son père, “Dieu ne cesse de préparer ceux qui lui resteront fidèles jusqu’au bout.”

En considérant mon propre parcours, parfois je ne peux m’empêcher de penser à Joseph dans l’Ancien Testament. Dans le “puzzle” de ma vie, il y a beaucoup de pièces dont on ne voit pas bien encore comment elles s’intègrent dans le tout. Mais “je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé(e) qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là” (2 Timothée 1:12). Le Seigneur connaît même le nombre de cheveux que j’ai sur la tête, et il a préparé chacun de mes jours avant qu’aucun d’eux n’existe. De toute éternité, il a tracé mon chemin. Oh oui, que sa fidélité est grande! Ses voies ne sont pas nos voies, mais elles sont parfaites. Ma part est de me confier en lui de tout mon cœur sans m’appuyer sur ma propre sagesse. C’est un peu comme s’il tissait une tapisserie. Je vois les nœuds et les irrégularités sur l’envers, mais lui voit déjà le motif parfait sur l’endroit.

Le Seigneur m’a sauvée de mon péché, par la foi en son Fils Jésus seulement. Il m’a tirée de ce système diabolique qu’est le catholicisme, et m’a montré que tout nous est accordé par grâce. L’éternité elle-même ne sera pas trop longue pour le louer et le remercier de ses merveilles en faveur des fils des hommes. A Dieu soit toute gloire! Il a fait des prodiges, et ne cesse d’en faire!

Related Posts