L’Anti-Christ dévoilé

 

L’Anti-Christ dévoilé
Richard Bennett

La première encyclique du pape Benoît XVI, présentée au monde en janvier 2006, s’intitule « Dieu est Amour ». C’est un texte qui trahit la nature même de Dieu et le sens de notre relation à lui. Examiné à la lumière de la Bible, il permet de comprendre qui est Benoît XVI. Ses propres déclarations font de lui le maillon le plus récent d’une longue lignée personnifiant l’Anti-Christ. Or les Écritures décrivent prophétiquement l’iniquité d’un homme qui corrompra le concept biblique de Dieu, et ira jusqu’à tordre l’Évangile de la grâce.

La Bible annonce « le mystère de l’iniquité » qui se réalise dans « l’homme impie ». L’apostasie aboutissant aux « séductions de l’iniquité » est pétrie d’hypocrisie et de tromperie derrière une façade de justice et de sainteté. Ce même Benoît XVI qui s’attribue les titres de « Saint Père » et de « Vicaire de Christ » correspond en tous points à la définition que donne de l’Anti-Christ l’apôtre Jean : « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’Anti-Christ, qui nie le Père et le Fils » (1 Jean 2:22). En effet, en s’attribuant ces titres, le Pontife ne fait rien de moins que nier le Père et le Fils.

Le 5 septembre 2000, alors qu’il était encore le Cardinal Ratzinger, ce même homme proclama avec une entière assurance que « la plénitude de grâce et de vérité [du Seigneur Jésus-Christ] … a été confiée [seulement] à l’Église catholique » (1). Le pape s’arroge ainsi des prérogatives divines tout en s’élevant contre Christ par ses paroles : en effet Christ seul est « plein de grâce et de vérité ». Les Écritures proclament que l’homme doit mettre sa foi dans le Seigneur Jésus-Christ et en lui seul, car c’est de lui que viennent « l’abondance de la grâce et du don de la justice » (Romains 5:17). Cette déclaration récente émanant de Rome se dresse contre le Seigneur : « L’Église affirme que pour les croyants les sacrements de la Nouvelle Alliance sont nécessaires au salut. La ‘grâce sacramentelle’ est la grâce de l’Esprit Saint donnée par le Christ et propre à chaque sacrement » (2). Ce que le Catéchisme ne dit pas, c’est que les sacrements physiques de Rome, sur lesquels le pape conserve la mainmise et qu’il déclare indispensables, occupent la place du Seigneur de gloire et de son Évangile. Dans l’Église romaine, la bulle « Unam Sanctam » n’a jamais cessé d’être en vigueur ; elle l’est encore aujourd’hui : « Il est de nécessité de salut de croire que toute créature humaine est soumise au pontife romain : nous le déclarons, l’énonçons et le définissons » (3). Cette imposture papale pousse le fidèle à dépendre de ces sacrements physiques et non à mettre sa foi directement dans le Seigneur Jésus-Christ. Subtilement, elle détourne la foi de la personne de Christ vers des signes auxquels elle attribue une puissance (4). En présence de pareilles revendications, le chrétien doit se livrer à une réflexion rigoureuse et se demander si la fonction papale ne constitue pas cette lignée humaine que les Écritures appellent « l’homme impie, ou l’homme de péché » : en effet la papauté ne revendique-t-elle pas pour le Pontife le titre de « Vicaire de Christ » ?

Un seul Seigneur, un seul Père saint

L’Église de Rome enseigne formellement que son Souverain Pontife a pleinement droit aux titres de « Saint Père » (5) et de « Très saint Pontife romain ». Ces titres et ce statut font injure au Seigneur Jésus-Christ et au Père Saint qui est dans les cieux. Cette arrogance transgresse directement la Loi de la Nouvelle Alliance de Christ : « Et n’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux » (Matthieu 23:9). Le Christ Jésus proclame : « Un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères » (Matthieu 23:8). En se déclarant « très saint », « saint Père », «Vicaire véritable de Christ », le pape fait sienne la revendication que rapporte Esaïe 14:14 : « Je serai semblable au Très-Haut ». Selon les Écritures, il y en a un « qui nie le Père et le Fils » : en effet il s’attribue les titres de l’un et de l’autre. Ces mêmes Écritures proclament : « Qui ne te craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car seul tu es saint. Et toutes les nations viendront, et t’adoreront… » (Apocalypse 15:4).

Origines de l’Anti-Christ dans l’histoire

Tout au long de l’histoire, les circonstances entourant la venue de Christ et la nature du Seigneur correspondaient si parfaitement aux prophéties à son sujet, que lorsqu’il parut, ceux qui appartenaient à Dieu acclamèrent son Nom. De même, le troupeau de Christ fut reconnaissant de ce qu’il avait décrit l’Anti-Christ avec tant de clarté.

Jésus-Christ lui-même confirma que quelqu’un assumerait le rôle de l’Anti-Christ : « Car le prince du monde vient » (Jean 14:30). Il dit aussi : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez » (Jean 5:43). À la suite de son Maître, le disciple bien-aimé, Jean, dit très explicitement : « Vous avez appris qu’un anti-christ vient » (6). Jean affirme là que s’il est vrai qu’il y avait alors « plusieurs anti-christs », ces forces d’opposition seraient un jour réunies en une entité unique.

N’en déplaise à une croyance populaire erronée, les papes ne sont pas les successeurs de l’apôtre Pierre. En revanche, ils sont bien les successeurs de l’Empereur romain. L’histoire démontre que l’Empereur Justinien attribua officiellement le titre de « Souverain Pontife, ou Grand Prêtre Suprême » à l’évêque de Rome au sixième siècle (7). La fonction de « Souverain Pontife » existe maintenant depuis près de 1500 ans dans l’Église catholique romaine, et elle provient d’une source profane et apostate. La Bible, au contraire, proclame qu’il y a un seul Souverain Prêtre, le Seigneur Jésus-Christ, désigné par Dieu. Justinien, un empereur païen, confia à l’évêque de l’Église de Rome la gouvernance universelle de tout le monde chrétien. Dès lors, on appela « pape » l’évêque de l’Église romaine, car il était devenu le chef spirituel de l’Empire païen de Rome. À lui seul, ce fait historique a déjà suffisamment de poids pour montrer clairement où se trouve l’Anti-Christ.

La nuée des témoins dans l’histoire du christianisme

Dès le début des persécutions, et tout au long des six siècles de l’Inquisition, les Vaudois, les Lollards, les chrétiens de Bohême et les adeptes de la Réforme comprirent clairement non seulement le rôle de Christ, mais encore celui de sa contrefaçon, l’Anti-Christ. Nombre d’entre eux subirent le martyre : leur conviction d’avoir à tenir face à l’Anti-Christ les remplissait de zèle et de courage. Aujourd’hui il est « spirituellement correct » de déclarer qu’on ignore l’identité de l’Anti-Christ. Mais à l’heure où le mouvement œcuménique prend de l’ampleur, il est capital de revenir à une compréhension biblique des prophéties scripturaires, car elles continuent de s’accomplir dans l’histoire et ne doivent pas être renvoyées à quelque période cataclysmique future.

Les chrétiens bibliques d’autrefois reconnaissaient l’Anti-Christ dans l’institution catholique romaine. Même au moyen âge, cette identité était explicitement reconnue par Dante Alighieri, John Wycliffe, Jean Hus et Savonarole, entre autres ; au temps de la Réforme, par Martin Luther, William Tyndale, Jean Calvin, Thomas Cranmer, Hugh Latimer,

Nicholas Ridley, John Bradford et John Foxe ; au 17e et au 18e siècles, par John Bunyan, par les traducteurs de la Bible de 1611, par les auteurs des Confessions de foi de Westminster et de 1689 ; par Isaac Newton, Jonathan Edwards, George Whitefield, et John Wesley ; et plus près de nous, par Charles H. Spurgeon, l’évêque J.C. Ryle, et Martyn Lloyd-Jones. Tous ces hommes, et bien d’autres encore, voyaient avec quelle précision les Écritures parlent de Christ comme de l’Anti-Christ. La Parole écrite s’est accomplie dans l’histoire, tant par les événements ténébreux que par les événements lumineux. Les faits historiques adhèrent à la prophétie tout comme un gant de fine soie qui vient recouvrir une main. Oui, de nos jours, il est « spirituellement correct » de s’abstenir de parler de l’Anti-Christ, si ce n’est pour le renvoyer à un scénario futuriste impossible à examiner puisqu’il n’a pas encore eu lieu. Voilà une application du « principe de tolérance » contemporain, qui a presque réussi à faire oublier le tranchant, la précision, et la fulgurance de cette épée qu’est la Parole biblique. Cette tolérance veut qu’on s’abstienne d’appliquer à l’histoire les avertissements de Christ et de ses apôtres Jean et Paul ; on les applique au contraire à un futur chef politique des temps de la fin. De nombreux enseignements bibliques actuels parlent de l’Anti-Christ comme d’un leader politique à venir, c’est vrai : mais l’Anti-Christ biblique est avant tout un apostat qui ne tire son pouvoir politique que du siège de sa puissance apostate. Cette description s’applique parfaitement au pape catholique romain dans sa fonction pontificale.

Nous allons évoquer plus particulièrement 2 Thessaloniciens 2:3-12, l’un des nombreux passages qui dévoilent l’Anti-Christ ; et il peut aussi servir d’introduction à d’autres textes.

L’homme de péché se manifeste

L’apôtre dit on ne peut plus clairement : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vue paraître l’homme impie, le fils de la perdition… » (2 Thessaloniciens 2:3). Cet homme impie semble paraître à la suite de l’apostasie. De toute évidence, une apostasie devait survenir sur une vaste échelle et conduire à l’émergence de l’homme impie. L’apostasie se produit forcément dans l’Église de Dieu, puisqu’elle consiste en un éloignement de la vérité. L’embryon d’iniquité qui allait engendrer l’apostasie menant à la manifestation de l’homme impie était déjà à l’œuvre au temps de l’apôtre, car celui-ci dit : « le mystère de l’iniquité agit déjà » (verset 7). Ailleurs l’Écriture parle du « mystère de la piété » (1 Timothée 3 :16). La première Épître aux Thessaloniciens parle de sa contrepartie qui est « le mystère de l’iniquité », c’est-à-dire l’apparition de l’homme impie, du fils de la perdition. De cette apostasie viennent « toutes les séductions de l’iniquité » (verset 10). Elle se caractérise moins par une franche hostilité que par l’hypocrisie et la tromperie, mais aux yeux du monde elle a les apparences de la droiture et de la sainteté. Par définition, l’apostasie est duplicité, fausseté, abandon du véritable Évangile et de la piété véritable.

« Celui qui » et « ce qui » retient l’homme impie (versets 3, 6, 7)

Un facteur retenait et retardait l’apparition de l’homme impie, « un retenant » l’empêchait encore d’émerger. Remarquez qu’au verset 6 nous avons un pronom neutre (ce qui) renvoyant à une chose, et au verset 7 un pronom masculin (celui qui) renvoyant à une personne. Remarquez aussi la réserve inhabituelle de l’apôtre qui n’explicite pas l’identité de ce « retenant », tout en ayant l’assurance que les Thessaloniciens comprendraient sa pensée quand il écrit : « Et maintenant vous savez ce qui le retient ». Pour la compréhension de ce passage, le contexte historique est essentiel : or il est mentionné dans Actes 17:1-10. Ce passage explique les événements qui survinrent pendant le séjour de Paul à Thessalonique. À ce moment-là, les Juifs avaient porté contre Paul et Silas des accusations politiques : « Ils agissent tous contre les édits de César, disant qu’il y a un autre roi, Jésus » (verset 7). Le motif n’était pas religieux, mais politique, car on leur reprochait de se dresser contre César, c’est-à-dire contre l’Empire romain. Pour l’apôtre et pour les Thessaloniciens, le chef d’accusation était clair. Si l’apôtre avait écrit que « le retenant » était l’Empire romain, on aurait pu l’accuser de fomenter une révolte politique. Le « ce que » du verset 6 et le « qui » du verset 7 montrent clairement aux Thessaloniciens que Paul désignait d’abord l’Empire romain, ensuite l’empereur. Par la providence de Dieu, pendant un temps, l’Empire romain et l’empereur ont empêché l’homme impie d’apparaître.

On comprend donc à quel moment l’homme de péché apparaîtra, quand on replace tout le passage (versets 1 à 12) dans son contexte. L’homme impie que Paul évoque apparaîtra quand sera ôté « celui qui le retient » (v. 7). Dans le verset précédent, Paul rappelle aux Thessaloniciens « ce qui le retient ». Quel était cet élément bien connu des Thessaloniciens ? Pour eux, Rome, et Rome seule avait la possibilité de « retenir » toutes choses et tout un chacun. Nous avons aussi la preuve que c’était là l’interprétation de Tertullien et de Jérôme (8). L’histoire n’a pas manqué d’accomplir ce que l’Écriture avait affirmé. D’abord, l’Empereur Constantin transféra le siège de l’Empire à Constantinople. Des évêques romains assoiffés de pouvoir trouvèrent ainsi des occasions favorables. L’Empire tomba en raison de sa corruption interne et des pressions extérieures. C’est seulement après la chute de l’Empire romain que la papauté se mit à dominer sur les pouvoirs civils, et que l’homme impie put se manifester. Lorsque la papauté se fut emparée du pouvoir civil et religieux qui pendant des siècles avait appartenu à l’Empire, alors l’Anti-Christ se manifesta, et les Vaudois, entre autres, le reconnurent. Dans toute l’histoire, il est difficile de désigner une autre série d’événements correspondant avec autant de précision à une prophétie.

Le lieu où paraît l’homme impie

L’apôtre précise le lieu où paraîtra l’homme impie, « lequel s ’oppose et s ’élève contre tout ce qui est nommé Dieu, ou qu’on adore, jusques à être assis comme Dieu au temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu » (verset 4, tr. Martin). C’est dans le « temple de Dieu » qu’il paraît. Or l’apôtre utilise constamment le mot « temple » pour décrire le peuple de Dieu. Par exemple : « Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes » (1 Corinthiens 3 :17). On voit donc que l’homme impie est sorti du peuple de Dieu, suite à l’apostasie mentionnée dans 2 Thessaloniciens 2 :3.

« Se proclamant lui-même Dieu »

L’autorité et la véracité de la Parole écrite de Dieu sont telles que l’Écriture dit : « Tu as magnifié ta parole au-dessus de toute ta renommée » (Psaume 138:2, Tr. Martin). Le Seigneur Jésus-Christ dit : « L’Écriture ne peut être anéantie » (Jean 10:35), parlant de l’autorité absolue de la parole écrite de Dieu, magnifiée « au-dessus de toute renommée ». Bien peu nombreux sont ceux qui s’en rendent compte, mais la papauté revendique et pratique 2 Thessaloniciens 2:4 : les sources catholiques elles-mêmes en témoignent. Le verset 4 évoque celui qui va jusqu’à « être assis comme Dieu dans le temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu ». L’enseignement et la pratique catholiques exigent qu’on appelle le pape « Sa Sainteté » : mais c’est là un titre auquel Dieu seul peut prétendre. Dieu est le seul être dont la nature même soit sainte. En même temps qu’elle appelle le pape « Sa Sainteté », l’Église catholique revendique pour lui les attributs divins suivants :

« Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l’infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte décisif une doctrine à tenir sur la foi ou les mœurs » (9).

Revendiquer « l’infaillibilité dans le magistère », c’est s’approprier l’infaillibilité qui appartient exclusivement à Dieu. Ainsi ce texte officiel de Rome élève le pape « au dessus de tout ce qui est nommé Dieu » (10).

De même, la justice qui appartient de plein droit au Christ Jésus après sa résurrection lui donne « toutpouvoir…au ciel et sur la terre » (Matthieu 28:18). Mais voici la formulation officielle de ce que revendique le pape : « Le Pape jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes » (11). Une fois de plus, en cherchant à s’approprier un pouvoir qui appartient exclusivement au Seigneur Jésus-Christ, le pape s’élève « au-dessus de tout ce qui est nommé Dieu ». Réfléchissons un peu : combien d’infidélités conjugales faut-il pour qu’on puisse légitimement parler d’adultère ? Combien de blasphèmes officiels faut-il pour que celui qui se donne le titre de « Sa Sainteté » soit reconnu, comme il se doit, comme étant « l’homme impie » ?

Pour de multiples raisons, et apparemment sans que cela la fasse trembler le moins du monde, la papauté catholique romaine correspond pleinement à la définition de l’Anti-Christ donnée par la 2e Épître aux Thessaloniciens. Remarquons bien que le terme grec traduit par « Anti-Christ » ne signifie pas seulement « celui qui s’oppose à Christ », mais plus particulièrement « celui qui se substitue à Christ ». Incontestablement l’un et l’autre de ces deux sens s’appliquent à la papauté, qui cherche à usurper la puissance de Christ, et sa situation de Prophète, de Prêtre, et de Roi. Le « pouvoir suprême et plénier » appartient exclusivement à l’Homme Dieu, au Christ Jésus, qui agit en toute liberté, comme il veut, sur tous les membres de son Église. C’est ce qu’affirme Éphésiens 1:22-23 : « Il [Dieu] a tout mis sous ses pieds, et il l ’a donné pour chef suprême à l ’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. »

L’Église catholique romaine prétend s’approprier ces prérogatives divines, comme l’affirme son Catéchisme : « Le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire de Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer » (12). Le pape se fait par là le pire et le plus grand ennemi de Christ, car tout en prétendant servir le Seigneur, il sape présomptueusement ses prérogatives en usurpant avec subtilité sa position et sa puissance.

Dans l’Église romaine, l’iniquité a pris des proportions si effrayantes qu’il existe beaucoup plus de preuves qu’on ne peut en citer. Les convictions quant à la nature de cette Église apostate sont données par la Parole de Dieu ; et les maux actuels montrent bien que le mystère de l’iniquité est à l’œuvre.

Une capitulation de l’intellect et de la volonté

La loi romaine exige la soumission de l’intellect et de la volonté à celui qui « …se fait passer pour Dieu ». La loi officielle de l’Église catholique romaine stipule qu’il est nécessaire de soumettre ses facultés les plus élevées, c’est-à-dire sa pensée et sa volonté, non à Dieu lui- même, mais au Pontife romain :

« Ce n’est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté qu’il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi et de mœurs, même s’ils n’ont pas l’intention de la proclamer par un acte décisif ; les fidèles veilleront donc à éviter tout ce qui ne concorde pas avec cette doctrine » (13).

À cette revendication, Rome en ajoute une autre au Canon 1371 : la conséquence, pour celui qui n’obéit pas, est d’être « puni d’une juste peine » (14).

Avoir la présomption de prendre la place de Christ lui-même, qui est le Prophète, le Prêtre, et le Roi, et prétendre ensuite agir en son Nom, c’est manifestement « être assis comme Dieu dans le temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu ». C’est bien ce que revendique Rome, et ses propres documents le prouvent. Le Code de Droit canonique confirme cette revendication, en exigeant la soumission et en promettant un châtiment à ceux qui n’obéissent pas.

L’objectif et les intentions de l’homme impie

Pour qualifier les actes de l’homme impie, l’apôtre Paul semble employer à dessein des termes qui s’appliquent habituellement à Christ : il est question de son « apparition », et d’un « mystère ». On voit donc que le dessein de Satan est d’installer son propre agent humain dans la place qui revient à Christ. Le verset 4 précise quel est son objectif : « lequel s’oppose et s’élève contre tout ce qui est nommé Dieu, ou qu’on adore, jusques à être assis comme Dieu au temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu ». C’est ce que revendique la loi de la Rome papale. Le verset 9 décrit la mise en œuvre du plan satanique : « L ’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes, et de prodiges mensongers. » À l’homme de péché doit s’attacher une puissance, ainsi que toutes sortes de signes et de prodiges mensongers, « avec toutes les séductions de l’iniquité » (15).

De même que le Seigneur accomplissait au travers de ses apôtres des miracles pour confirmer leur mission, de même Satan œuvre au travers de l’Anti-Christ, en accordant de faux miracles servant de caution à ses prétentions trompeuses. L’homme impie s’emploie à jouer le rôle de Christ tout en s’opposant à lui. Il usurpe sa place et ses prérogatives : loin d’être son représentant véritable, il est son plus grand adversaire. De même que le Christ agit pour Dieu, de même l’homme impie agit pour le compte de Satan, qui se sert de lui pour accomplir ses buts. C’est pourquoi le texte déclare que l’homme impie vient « par la puissance de Satan ».

Le deuxième nom de ce personnage, « le fils de la perdition » indique également l’objectif et l’intention de l’homme impie. Ce nom fait référence à Judas, qui faisait semblant d’être disciple de Christ alors même qu’il trahissait le Fils de l’homme en affichant un signe extérieur d’amour et de loyauté. Le fils de la perdition dissimule son inimitié tout en apparaissant comme un ami, un confident familier : mais il est un ennemi mortel qui trahit par un baiser tout en faisant semblant de servir le Seigneur et le Maître. C’est un Judas dont la venue s’accompagne, « par la puissance de Satan », de « prodiges mensongers ». Ceux qui se soumettent à lui sont en proie à « une puissance d’égarement ». C’est que pour leur part, ils n’ont « pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » ; ils ont au contraire « pris plaisir à l’injustice ». S’opposant à l’Évangile de Christ, le 13 mai 2000, feu le pape Jean-Paul II accorda sa caution au « miracle de Fatima », qu’il déclara authentique, alors qu’en fait il s’agissait d’un « prodige mensonger ». Il fit cette proclamation :

« Selon le dessein divin, ‘une femme vêtue de soleil’ (Ap. 12,1) est venue du ciel sur cette terre, à la recherche des tout-petits préférés du Père. Elle leur parle avec une voix et un cœur de mère : elle les invite à s’offrir comme victimes de réparation, se disant prête à les conduire, de façon sûre, jusqu’à Dieu. Et voilà que ces derniers voient sortir de ses mains une lumière qui pénètre en eux, si bien qu’ils se sentent plongés en Dieu… (16).

La fin de l’homme impie

« Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il écrasera par l’éclat de son avènement » (2 Thessaloniciens 2:8). Ce verset annonce la fin de l’homme impie. Celui qui se révéla quand fut ôtée la puissance de la Rome impériale, continuera jusqu’à ce qu’il soit détruit par le souffle de la bouche de Christ et par l’éclat de son avènement. Ce verset fait incontestablement allusion au second Avènement de Christ. Le Seigneur prédit la destruction du règne de l’homme impie : la Parole du Seigneur le réduira à rien. Au dernier jour, il sera complètement et définitivement anéanti.

Dès maintenant, ce verset proclame le triomphe de l’Évangile. L’apôtre y reprend la vérité proclamée par le Seigneur en Esaïe 11:4 : « Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture un jugement sur les malheureux de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant ». La puissance du Seigneur se manifeste toujours au plus haut degré quand les siens sont dans un besoin extrême : il vient au secours des pauvres en esprit, de ceux qui n’ont rien à eux. Les dispositions de Dieu dans son Évangile de grâce s’expriment « par le souffle de sa bouche ». Tout au long de l’histoire, ce verset a été compris et vécu ainsi. L’Évangile est « la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient » (Romains 1:16). À maintes reprises au cours des siècles, l’Évangile de la grâce a triomphé de « l’homme impie ». Les Vaudois, les hommes de la Réforme, et tous les réveils authentiques ont vu le Seigneur frapper par la verge de sa Parole et le souffle de sa bouche. Sa puissance se manifeste quand on proclame fermement sa grâce, et chaque individu qui est sauvé est « justifié gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Christ Jésus » (Romains 3:24).

Conclusion

Nul, si ce n’est Dieu, n’aurait pu décrire d’avance cet « homme impie », qui désigne de toute évidence la fonction papale de l’Église catholique romaine. Jamais l’homme n’aurait pu anticiper de telles choses : Dieu seul est capable de les prédire. Un pouvoir qui prétend agir au nom de Dieu, se présente « comme Dieu » au cœur de l’Église chrétienne, défie la vérité de Dieu et va jusqu’à singer sa sainteté, voilà qui dépasse tout ce que l’homme aurait pu imaginer. Depuis des siècles, la corruption, les tromperies et les faux-semblants mènent le monde depuis cette ville aux sept collines où jadis l’empire païen de Rome régnait par sa puissance militaire. Cette corruption est telle que si la Parole de Dieu ne l’avait pas clairement décrite, et si on ne l’avait pas vue à l’œuvre dans le passé lointain comme le passé récent, jamais on n’aurait pu s’attendre à pareille chose. La description prophétique de ce système malfaisant montre l’inspiration divine de la Bible, ainsi que la puissance et l’autorité de notre Seigneur Dieu.

Si on rejette le témoignage limpide de la Parole divine écrite quant à la manifestation principale de l’Anti-Christ, pour adopter une doctrine qui ne concorde pas avec le texte biblique et n’a pas subi l’épreuve du temps, les conséquences sont lourdes. On aboutit à une doctrine faisant l’impasse sur la sagesse de la divine prophétie, comme sur la nature exacte des temps où nous vivons. Le futurisme affirme la proximité du second Avènement de Christ, mais il détruit le cadre historique et temporel de son adversaire, l’Anti-Christ : or tous ces éléments sont essentiels pour la bonne compréhension de l’accomplissement des prophéties. L’accomplissement dans l’histoire de ces prophéties sur l’apostasie est un élément capital des prédictions données par le Seigneur. Comme dit le Seigneur en parlant de lui-même : « il fallait que s ’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes » (Luc 24:44). De même, ce qui est écrit sur la fonction de son adversaire s’est accompli. Avec les Vaudois, les Lollards, et les chrétiens de Bohême, tout au long de l’Inquisition et de la Réforme, la vérité de l’Évangile et la Parole prophétique ont fait passer les nations des pires superstitions et du despotisme à la liberté selon les Écritures, et à la croissance économique (17). Bien souvent, il est vrai, les adeptes du futurisme sont des serviteurs de Dieu sincèrement consacrés. Pourtant, si nous nous abstenons de démasquer la présence de l’Anti-Christ au milieu de nous, les nations subissent une séduction et retombent dans l’esclavage. À cause de cette carence, il nous est d’autant plus indispensable de connaître (comme les chrétiens d’autrefois) la présence de la postérité divine véritable, du Christ Jésus, en esprit et en vérité.

Cette interprétation historique figure dans les plus grandes confessions de foi de ceux qui ont cru la Bible (18). Elle constitue un élément incontournable du témoignage des martyrs et des réformateurs. Comme les prophètes d’autrefois, ces saints hommes furent les témoins de la vérité divine tout en s’opposant à l’apostasie de ceux qui n’étaient chrétiens que de nom. Leur témoignage était que la Rome papale est bien la Babylone de la prophétie : « cette grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre », et qu’à sa tête se trouve « l’homme impie » de la prophétie, l’Anti-Christ.

Notes :

  1. Document Dominus Iesus, Partie 16, http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_d

oc_20000806_dominus-iesus_fr.html

  1. Catéchisme de l’Église Catholique, Éditions Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie Éditrice Vaticane, Paris 1998, § 1129.
  2. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Unam_Sanctam (Bulle Unam Sanctam de Boniface VIII, 18 novembre 1302) et aussi http://foicatholique.cultureforum.net/foi- catholique-f2/bulle-unam-sanctam-18-novembre-1302-t2028.htm
  3. Catéchisme, 1116. Les sacrements sont des « ‘Forces qui sortent’ du Corps du Christ [c. à d. de l’Église catholique romaine] toujours vivant et vivifiant… »
  4. Denzinger, N° 649.
  5. Le texte grec de ce verset emploie l’article défini et dit en fait : « L ’anti-christ vient ».
  6. LeRoy Edwin Froom, The Prophetic Faith of our Fathers, 4 volumes, Washington DC: Review & Herald Publishing Association, 1978) Vol. 1, pp. 511-517.
  7. Froom, Vol. 1, pp. 257-258 et 443-444.
  8. Code de Droit canonique, Canon 749 : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/ P2F.HTM
  9. La préposition grecque traduite par « au-dessus de » signifie aussi : « en lieu et place de » ou « autant que ».
  10. Catéchisme, 937.
  11. Catéchisme, § 882.
  12. Canon 752 : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/ P2F.HTM
  13. L’étendue du pouvoir que s’arroge Rome de juger et d’imposer un châtiment reste la même qu’au temps du Saint Empire Romain. Dans son Droit Canonique actuel, au Canon 1405, 1e partie, elle précise : « § 1. Parmi les causes dont il s’agit au canon 1401, seul le Pontife Romain a le droit de juger : 1. les personnes qui exercent la magistrature suprême de l’État. » Le Canon 1401 stipule : « De droit propre et exclusif, l’Église connaît : 1. des causes qui regardent les choses spirituelles et celles qui leur sont connexes ; 2. de la violation des lois ecclésiastiques et de tous les actes qui ont un caractère de péché, en ce qui concerne la détermination de la faute et l’infliction de peines ecclésiastiques. » http://www.vatican.va/archive/FRA0037/ P56.HTM
  1. Voir l’ouvrage : Quite Contrary : A BiblicalReconsideration of the Apparitions of Mary, de Timothy F. Kauffman (Huntsville, AL 35804: White Horse Publications, 1993). Voir aussi: Graven Bread : The Papacy, the Apparitions of Mary, and the Worship of Bread on the Altar, du meme auteur.
  2. Voir le texte de ce discours de Jean-Paul II à l’adresse : http://www.vatican.va/holv_father/john_paul_ii/travels/200Q/documents/hf_ip- ii_hom_20000513_beatification-fatima_fr.html Voir également sur notre site Berean Beacon notre article : Fatima : JP II, RCC Contradict Gospel : Where do Evangelical ECT Signatories now stand ?
  3. Voir l’ouvrage de John W. Robbins, EcclesiasticalMegalomania : The Economic and Political Thought of the Roman Catholic Church (ISBN 0-94931-52-4, USA: The Trinity Foundation, 1999) pp. 13-24.
  4. Voir: La Confession de Foi de Westminster, 1646 http://www.erq.qc.ca/francais/westminster_fr.html ; La Confession de Foi Baptiste, Londres,1689 : http://www.eglise-rb-grenoble.fr/Confessions/1689%20Confession %20-%20Amar%20Djabala%20French%20translation.doc ; The Philadelphia Confession of Faith, Adopted by the Baptist Association, 1742, entre autres.

Richard Bennett, Association “Berean Beacon”, http://temp.bereanbeacon.org La reproduction de cet article est autorisée, y compris sur l’Internet, à condition qu’elle soit intégrale, que la source soit indiquée, et qu’aucune modification ne soit effectuée. Voir également les autres articles en français de Richard Bennett, à l’adresse : https://bereanbeacon.org/fr

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