En trouvant Christ, j’ai tout trouvé

Antonio Pezzotta

Originaire du nord de l’Italie, je suis entré au séminaire à l’âge de onze ans. Mon ambition était de devenir prêtre missionnaire. Ainsi, j’ai fait des études de théologie en Angleterre, en Allemagne, en Espagne et à Rome, où j’ai été ordonné prêtre.

Là-dessus, je suis parti aux Philippines pour y enseigner la théologie dans des sémi- naires catholiques.

Déjà en Angleterre, j’avais commencé à douter sérieuse- ment de certaines doctrines catholiques que je n’arrivais pas à concilier avec les Ecritures. Ces doutes ont persisté même après mon ordination, mais je me suis efforcé de les étouffer en me jetant à corps perdu dans mes études et dans l’enseignement. Mon emploi du temps était si lourd qu’il restait peu de temps pour la recherche personnelle ou la prière.

Au bout de dix ans de ce dur labeur, j’ai dû rentrer chez moi en Italie pour y prendre une année de repos. Mes doutes se sont alors multipliés et ont repris le dessus, mais j’étais déterminé à y voir plus clair quant à ces doctrines

qui troublaient mon esprit. Sans arrêt je lisais des ouvrages de grands théologiens et je me livrais à une réflexion approfondie. Cependant, mes doutes persistaient.

Après les livres, le Livre

De retour aux Philippines, j’ai laissé de côté tous mes ouvrages de théologie pour me concentrer sur un seul livre, la Bible, et en particulier sur le Nouveau Testament. Dès lors, ce Livre est devenu mon unique source de sagesse, que ce soit pour la prédi- cation, l’enseignement ou la lecture et la méditation. Au bout d’un temps relative- ment court, mes doutes ont commencé à se dissiper. L’étude des Ecritures me per- mettait de résoudre une question après l’autre.

Le début d’un temps de souffrance

A la fin du mois de janvier 1974 je me trouvais à Santa Cruz au sud de Manille. Une belle église baptiste venait d’y être construite. N’ayant jamais visité d’église de ce genre, j’y suis entré pour jeter un coup d’oeil discret. Presque aussitôt, j’ai été aimablement accueilli par un chrétien qui m’a présenté au pasteur Ernesto Montalegre.

Notre conversation a duré environ deux heures. J’ai fait de mon mieux pour le pousser à devenir un bon catholique; quant à lui, il a répondu calmement à toutes mes questions. Bien entendu, je n’ai pas réussi à le convertir au catholicisme et il ne m’a pas non plus converti au protestantisme. Cependant, ses réponses me percutaient souvent en plein coeur, si bien qu’au bout de ces deux heures, mes doutes s’étaient encore amplifiés.

Ce moment a marqué pour moi le début d’un temps de souffrance, de nuits blanches, d’indécision et d’angoisse. J’étais effaré par mon manque de courage à professer la vérité biblique là où l’occasion se présentait. Peu à peu je suis parvenu à une perception claire de cette vérité; mais je n’avais aucune idée de ce que je devais faire, jusqu’à la nuit du 20 février 1974.

La nuit où la grâce de Dieu a agi

Seul dans ma chambre, cette nuit-là, j’ai prié authentiquement pour la première fois de mon existence. J’ai demandé à Christ de prendre le contrôle de ma vie car je ne savais que faire. J’étais convaincu d’être le pire des pécheurs. Peut-être vous demanderez-vous: “Quelle sorte de pécheur?” Je n’étais ni fumeur ni buveur, et j’avais été fidèle à mon voeu de célibat tout au long de ces années de prêtrise. Je n’avais pas d’antécédents critiquables et j’étais plutôt satisfait de mon travail en paroisse. Mon péché, c’était l’orgueil. Cet orgueil faisait obstacle à l’entrée de Christ dans ma vie: j’avais peur de ce que mon évêque pourrait dire ou penser. Je me disais: “Si tu acceptes Christ comme Sauveur, que diront tes supérieurs? Que penseront tes collègues et tes étudiants? Ils t’estiment, comment pourrais-tu les trahir?” Je n’avais pas le courage d’être honnête avec eux. L’estime des hommes avait plus d’impor- tance à mes yeux que l’amour de la vérité. A ce moment-là, pendant que je priais, mes yeux sont tombés sur ce verset de l’Evangile de Jean: “Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui; mais à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue” (Jean 12:42).

La deuxième partie de cette phrase a transpercé mon coeur comme une épée acérée à double tranchant, mais en même temps, elle m’a rempli de force et de courage.

J’étais libéré. Cette nuit-là, j’ai dormi sans rien éprouver de la douloureuse indécision des terribles semaines passées. Au réveil, le lendemain, j’ai revu en pensée le visage empreint de bonté du pasteur baptiste. Je me suis habillé en hâte et me suis rendu à son église. Nous avons encore parlé, et j’ai accepté avec plaisir les quelques traités qu’il m’a remis. Au moment de le quitter, je lui ai posé cette question: “Si je quitte mon Eglise, est-ce que je pourrai venir chez vous? Est-ce que vous m’accepterez?” Souriant, il m’a répondu: “Nous avons une chambre ici, et il y a des chrétiens qui prendront soin de vous.”

La victoire de la vérité

Il m’a fallu encore prier et lire la Bible pendant cinq jours avant de pouvoir me confier à la grâce de Dieu. Le 26 février, j’ai reçu Christ comme mon Sauveur et Seigneur. Je lui ai demandé de diriger entièrement ma vie, et j’ai tout laissé derrière moi: ma voi- ture, ma bibliothèque et tout ce que je possédais. J’ai envoyé une lettre de démission à mon évêque et suis allé vivre avec mes nouveaux amis chrétiens à Santa Cruz.

Le 3 mars, j’ai confessé publiquement ma foi évangélique, et j’ai été baptisé dans la rivière Santa Cruz, qui passe derrière l’église. Je peux vraiment dire que depuis le jour où j’ai rencontré Christ jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas eu un seul instant de remords, de nostalgie ou de regret quant à ma vie passée. J’étais littéralement rempli de joie, et totalement libéré de mes doutes.

Je me souviens d’un prêtre qui est venu me voir quelques jours plus tard, et qui m’a posé cette question: “Tony, comment est-ce que tu as eu l’audace de prendre une décision pareille, en cinq jours seulement? Tu as quitté l’Eglise catholique, tu as quitté vingt siècles de culture, de papes, de saints, tout ce que tu as tant aimé et passé des années à étudier!” Je lui ai répondu du fond de mon coeur: “En fait, je crois que je n’ai rien quitté, rien perdu. Bien au contraire, j’ai tout trouvé en trouvant Christ.”

Je ne suis plus catholique romain

Si vous croyez que vous êtes sauvé par la foi en Christ, et si pour vous sa Parole est l’autorité suprême, vous n’êtes plus catholique: vous êtes parvenu à la foi biblique. Le salut par la foi, et l’Ecriture comme seule autorité, voilà les bases de la foi authen- tique. Cette foi n’a rien à voir avec la doctrine du salut par les oeuvres et par les sacrements, et l’autorité de la tradition catholique romaine.

Beaucoup de catholiques ont pour leur Eglise un attachement sentimental. On leur a appris à l’appeler “notre Sainte Mère”. Cette expression si souvent utilisée montre qu’ils croient tenir leur vie spirituelle de l’Eglise puisque, à leurs yeux, c’est elle qui a fait d’eux des chrétiens par le baptême, et que, spirituellement parlant, elle les garde en vie par les autres sacrements. Cependant, d’après la Bible, ce n’est pas l’Eglise qui fait de nous des croyants: ce sont les croyants, au contraire, qui forment l’Eglise. Puisque c’est par grâce que nous devenons des pierres vivantes, c’est Christ qui est l’architecte véritable de son Eglise.

C’est en lui seul que nous devons croire, sur la seule autorité de sa Parole!

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Né en Italie, Anthony Pezzotta dirige aujourd’hui l’association “Ethnic Ministries of the Conservative Baptist Association of Churches of Southern California” aux Etats-Unis. Il est l’auteur d’un livre apprécié, Truth Encounter (Rencontre avec la Vérité), qui existe aussi en espagnol (Encuentro con la Verdad).

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